#raconter

À commencer par la montagne magique, le grand récit de Thomas Mann, la représentation de la tuberculose et de ses traitements est largement associée aux classes dominantes. Les sanatoriums, presque cinquante ans après leur disparition, s’inscrivent dans un album médical des riches. Or il y a eu, dès la fin du XIXe siècle, un souci pour les patients pauvres. Dans un article publié en 1897, un médecin rapporte l’entreprise menée à Berne, en Suisse, pour les indigents.

C’est quoi guérir ? Et une rémission ? À partir de quel stade invente-t-on un mot, et puis un stade, c’est quoi ? Un dépistage est-il un acte de prévention ? Les soins ont certes des effets, mais lesquels et sur quoi ? Être autonome dans ses décisions, bien sûr, mais avec quelle aide à la décision, justement ? C’est avec ces questions que trente ans durant Marie Ménoret a enquêté pas à pas sur les terrains de la médecine et de l’expérience du cancer.

Pour nous tous, Valère incarnait une réduction des risques solidaire sans blabla à la fois joyeuse et rigoureuse qui s'impose comme une évidence. La réduction des risques, Valère était tombé dedans, avant d'avoir les mots pour le dire, en 1987, lorsqu'il a découvert la brochure de Aides « Fixer propre ».

Depuis des années, on parle de déserts médicaux. Mais qu'en est-il des déserts médico-sociaux ? Rencontre avec Marcel Jaeger, membre du Haut Conseil du travail social ayant dirigé différentes institutions médicosociales.

Aujourd’hui, la médecine est concentrée dans les villes, on dénonce la désertification. Au début du XXe siècle, des médecins tentèrent de développer une médecine rurale, comme à Arès, au bord du bassin d’Arcachon. Retour sur une expérience singulière.

Le 7 décembre 2019 a eu lieu une manifestation mémorielle en hommage aux patients décédés de dénutrition à l’hôpital psychiatrique de Vendée pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce texte est extrait d’une recherche personnelle menée à cette occasion.

Le virage domiciliaire est le leitmotiv des pouvoirs publics pour asseoir leur politique sur la grande vieillesse. Mais à l’heure où une grande loi sur la vieillesse semble abandonnée, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, rendu public le 24 mars, montre que les pouvoirs publics ne se donnent pas les moyens de leur politique.

Nous sommes en juin 2022 et c’est la quatrième semaine que je passe à Castelnau-Montratier, entre l’Ehpad et la MAS. On m’appelle « la photographe ». On me demande des services : faire des photos d’identité, reproduire des images d’archive, aller faire des prises de vue d’un lieu situé à quelques kilomètres...

Comment garder le contact avec la folie ? À l’occasion de l’exposition « Toucher l’insensé » au Palais de Tokyo à Paris, c’est la question qui demeure. Voilà trois lieux du passé sur lesquels s’attardent cette exposition, ouvrant de petits morceaux d’archives restées dans les cartons, et les bandes vidéo dans les boîtiers entre 1950 et 2000.

C’était un soir de décembre, dans un cinéma près de la Sorbonne. On y projetait Histoires d’A. Certaines, certains avaient déjà vu ce film de 1974 ; d’autres, dont j’étais, le découvraient. Impression d’étrangeté et de familiarité qui donne à penser sur les cinquante ans qui nous séparent de ces luttes, mais aussi sur l’inégalité de l’accès à l’IVG, encore en 2024.