
Je me souviens des enfants morts de faim au Biafra sous les bombardements financés par le monde entier, je me souviens des cadavres de Sabra et Chatila à Beyrouth encore chauds au petit matin, femmes et enfants éventrés, je me souviens des civils abattus en traversant Sniper Alley à Sarajevo, je me souviens des cadavres à Goma, morts du choléra après le génocide de plus d’un million de tutsis au Rwanda, je me souviens des jeunes gens morts ou blessés à la Bonne Bière, assassinés par d’autres jeunes gens ivres de haine, je me souviens des images à la télévision de civils écrasés tous les soirs en Ukraine, je me souviens des milliers de morts de civils en Israël puis à Gaza pendant deux ans. Je me souviens des milliers de femmes et d’hommes, médecins, infirmières, aides-soignantes, journalistes qui se sont engagés depuis plus de cinquante ans. C’est pour cela que je suis encore optimiste.
Je rêve que l’autorisation d’entrée de l’aide humanitaire à Gaza, qui n’est ni une faveur ni une concession mais une obligation juridique non négociable, soit renforcée d’urgence et que les ONG humanitaires ne soient plus entravées.
Je rêve que les enfants de Gaza traumatisés dans leur chair et leur esprit soient accompagnés et soignés.
Patrick Aeberhard