Je rêve… D’une année à tombeaux écolos et pas chers

En début ce d’année, ce sont des vœux de santé que l’on échange, mais pour nous, vieux, c’est peut-être notre dernière année… Je plaisante, mais on ne se sait jamais.

En tout cas on en parle peu, mais la mort est un moment dans lequel nous sommes encore considérés comme des clients. Clients des pompes funèbres ! 
Cette expérience de consommation funéraire n’est pourtant pas ce que nous cherchons à vivre, le supermarché funéraire n’étant pas le plus tentant des magasins. Ces moments où l’on nous demande de choisir les « options » sont gênants, et l’on se sent vite coupable si nous ne prenons pas la version « de luxe » que l’on nous propose. La marginalisation des rites religieux a laissé la place à un vide que nous avons du mal à combler ; le plus souvent, nous assistons à des cérémonies creuses, vides, sans âme et éloignées de ce qu’était le défunt. 

Et voilà que des coopératives funéraires arrivent ! À l’initiative de jeunes qui mettent en avant une approche éthique de l’accompagnement des défunts, les coopératives funéraires proposent une autre approche. Tout d’abord, le prix. Le marché du funéraire est très juteux. Le plus souvent, sans aucun artifice particulier, la note est proche des 5 000 €. Et pour cause… c’est la limite autorisée par la loi pour utiliser les fonds du défunt sans autorisation particulière. 

A contrario, les coopératives funéraires proposent un prix moyen de 3 000 €, qui peut descendre pour certaines jusqu’à 1 500 €. Mais c’est surtout la construction de la cérémonie qui va faire la différence. Nous souhaitons tous assister à un adieu qui corresponde à la personne que nous avons connue. Nous avons envie que ce moment nous rappelle ce qu’était la personne qui vient de mourir et qu’il soit marqué par la personnalité du défunt. 
Certains acteurs de coopératives funéraires définissent avec l’entourage les moments musicaux, les textes et les lieux pour aider les proches à accompagner au mieux la personne disparue.  

Je vous invite à regarder dans le dernier épisode de Télé Vioc une séquence dans laquelle un couple parle d’une façon particulièrement chaleureuse de leur expérience. 

Dernier point, la mort n’est pas écologique ! Que ce soit en inhumation ou en crémation, le bilan carbone laisse à désirer. Dans l’avenir, il va falloir, peut-être,  choisir la terramation, un dernier geste pour la planète. La terramation est un processus funéraire qui consiste à déposer les corps directement dans la terre, sans cercueil, recouverts de broyat végétal qui forme un mélange de micro-organismes, appelés « humuseurs », favorisant la décomposition des cadavres humains en humus. 

Cette pratique est pour l’instant interdite en France, des expérimentations ont lieu et devraient être proposées comme une alternative à l’inhumation classique. Transformer les corps en humus est écologique et nous permet d’imaginer que notre mort pourrait servir à une autre vie… 

Francis Carrier